
En résumé :
- Le succès sur le GR R2 ne dépend pas de la force brute, mais d’une stratégie fine pour anticiper les pièges uniques de l’île.
- La gestion de l’effort est cruciale : une allure trop rapide au départ crée une « dette physique » impossible à rembourser.
- L’autonomie alimentaire se gère en s’appuyant sur les « ti-boutiks » locales et les demi-pensions, pas en portant 12 jours de vivres.
- La préparation doit cibler la résistance des genoux au dénivelé négatif extrême, véritable épreuve du trek.
La grande traversée de La Réunion par le GR R2 est bien plus qu’une randonnée, c’est un mythe qui habite l’esprit de tout marcheur aguerri. L’idée de relier l’océan Indien du nord au sud, de franchir les remparts vertigineux des cirques de Mafate et Cilaos, et de fouler les paysages lunaires du Piton de la Fournaise est une promesse d’aventure absolue. Beaucoup de randonneurs confirmés s’y lancent, forts de leur expérience en métropole, pensant qu’il suffit d’être en bonne condition physique et d’avoir un bon équipement. C’est l’erreur classique.
Ils lisent les guides, préparent leur sac, et s’attaquent aux premières étapes avec enthousiasme. Pourtant, nombreux sont ceux qui abandonnent, usés, blessés ou simplement à bout de forces, bien avant la ligne d’arrivée. La raison est simple : ils sous-estiment les spécificités réunionnaises. Le climat tropical humide, le dénivelé incessant fait de milliers de marches, et la logistique de ravitaillement isolée sont des variables qui changent toute l’équation. Mais si la véritable clé n’était pas de porter plus lourd ou de marcher plus vite, mais de développer une véritable « intelligence de trek » ?
Cet article n’est pas un simple guide des étapes. C’est une masterclass stratégique, pensée par un spécialiste du terrain pour des randonneurs qui, comme vous, ont déjà l’endurance mais cherchent le savoir-faire pour transformer cette épreuve en une réussite. Nous allons décortiquer les pièges mentaux et physiques du GR R2, vous apprendre à gérer votre autonomie comme un local, à protéger votre corps des agressions du sentier, et à maîtriser le rythme pour non seulement finir, mais savourer chaque instant de cette traversée légendaire.
Ce guide est structuré pour répondre aux questions critiques que se posent les randonneurs expérimentés. Vous découvrirez comment optimiser votre logistique, anticiper les étapes clés, et préparer votre corps de manière ciblée pour le défi unique que représente le GR R2.
Sommaire : Maîtriser la Grande Traversée de La Réunion : guide stratégique
- Où trouver de la nourriture sur le GR R2 pour ne pas porter 12 jours de vivres ?
- L’erreur de partir trop vite sur les premières étapes du Nord
- Comment faire suivre vos affaires civiles d’un point à l’autre de l’île ?
- Pourquoi l’étape du Maïdo est-elle le juge de paix du GR R2 ?
- Ampoules et échauffements : comment soigner ses pieds pour finir le GR R2 ?
- Drap de sac et boules Quies : l’équipement indispensable pour bien dormir en gîte
- L’erreur de gestion de l’eau qui peut stopper votre trek en plein soleil
- Comment préparer ses genoux aux milliers de marches des sentiers réunionnais ?
Où trouver de la nourriture sur le GR R2 pour ne pas porter 12 jours de vivres ?
L’une des plus grandes erreurs logistiques est de penser le GR R2 comme un trek en autonomie complète. Vouloir porter 12 jours de nourriture est non seulement physiquement épuisant, mais surtout inutile. L’intelligence de trek consiste à utiliser le réseau de ravitaillement local, même s’il est sommaire. Le cœur de cette stratégie repose sur les « ti-boutiks », ces petites épiceries de village qui jalonnent le parcours, notamment dans le cirque de Mafate.
L’objectif est de ne jamais porter plus de 2 à 3 jours de nourriture. Pour cela, la planification est reine. La première partie du trek, jusqu’à Cilaos, peut être gérée en s’appuyant sur les points de ravitaillement d’Aurère, La Nouvelle et Marla. Ces épiceries proposent des produits de base parfaits pour le randonneur : conserves, nouilles instantanées, biscuits, et parfois des fruits secs. C’est une micro-logistique qui allège le sac de plusieurs kilos. De plus, opter systématiquement pour la demi-pension dans les gîtes est un investissement judicieux : le repas du soir et le petit-déjeuner vous assurent un apport calorique conséquent et vous évitent de porter l’équivalent en poids.

Le tableau ci-dessous, basé sur les informations du guide spécialisé Crapahuteur, détaille les points clés. Cilaos et Bourg-Murat agissent comme des « hubs » où un ravitaillement complet est possible, vous permettant de repartir avec un sac léger pour les étapes suivantes. Une astuce de pro est de s’envoyer un colis de ravitaillement via La Poste à Cilaos, avec vos barres énergétiques préférées ou des repas lyophilisés spécifiques.
| Étape | Point de ravitaillement | Type de commerces | Produits disponibles |
|---|---|---|---|
| Aurère | Ti-boutik du village | Épicerie locale | Conserves, biscuits secs, boissons |
| La Nouvelle | Épicerie près de l’église | Ti-boutik | Produits de base, pas de pain |
| Marla | 2 boutiks + snack Chez Jimmy | Épicerie et restauration | Plus grand choix, conserves, fruits secs |
| Cilaos | Supermarchés et commerces | Ville avec tous commerces | Ravitaillement complet possible |
| Bourg-Murat | Station-service et commerces | Zone urbaine | Tous produits, dernier point majeur |
En maîtrisant cette logistique, vous transformez le poids, premier ennemi du randonneur, en un avantage stratégique.
L’erreur de partir trop vite sur les premières étapes du Nord
Le corps humain est une machine d’adaptation, mais il a ses limites. Sur le GR R2, l’erreur la plus fréquente et la plus pénalisante est de partir « trop fort ». Galvanisés par l’excitation du départ et la fraîcheur physique, de nombreux randonneurs attaquent les premières étapes depuis Saint-Denis avec une allure soutenue, cherchant à « gagner du temps ». C’est un calcul qui mène presque toujours à l’échec. Vous contractez une « dette physique » dès les premiers jours, que vous paierez inévitablement dans les étapes les plus exigeantes de Mafate ou du Piton des Neiges.
Des randonneurs expérimentés confirment que les temps de marche indiqués dans certains topoguides sont extrêmement optimistes, comme s’ils avaient été calculés avec un sac de jour. Respectez vos propres sensations, pas un chrono théorique. Le décalage horaire et la chaleur humide du nord de l’île sont aussi des facteurs à ne jamais négliger. Pour cette raison, l’avis d’un expert est précieux, comme le souligne Capitaine Rémi, un guide reconnu du GR R2 :
Il faut compter 11h30 de vol depuis la Métropole. Je vous conseille de ne pas enchainer le GR R2 dès votre arrivée sur l’île et de prévoir 1 jour de pause avant de commencer.
– Capitaine Rémi, Guide pratique du GR R2
Ce jour de repos n’est pas un luxe, c’est un investissement pour votre trek. Il permet à votre corps de s’acclimater. Ensuite, lors des trois premières journées, imposez-vous un rythme délibérément modéré. Laissez votre corps s’habituer au poids du sac, à l’humidité et au type d’effort. L’objectif n’est pas de battre un record, mais de finir la première semaine en sentant que vous avez encore des réserves. C’est cette gestion prudente qui vous donnera la puissance nécessaire pour affronter les étapes les plus dures avec confiance.
Rappelez-vous : le GR R2 est un ultra-trail qui se marche, pas un sprint. Votre endurance se construit jour après jour, pas en brûlant toutes vos cartouches au départ.
Comment faire suivre vos affaires civiles d’un point à l’autre de l’île ?
Réussir le GR R2, c’est aussi maîtriser la logistique en amont et en aval du trek. Arriver à Saint-Denis avec une valise pour vos quelques jours de tourisme et repartir de Saint-Philippe à l’autre bout de l’île avec seulement votre sac de randonnée est un casse-tête si rien n’est anticipé. Voyager léger sur le sentier implique de trouver une solution pour vos affaires « civiles ». Heureusement, plusieurs options existent pour vous libérer de ce poids mort.
La solution la plus simple et souvent la plus économique est de négocier avec votre premier hébergement. De nombreux hôtels et gîtes à Saint-Denis ou sur la côte ouest ont l’habitude et acceptent de garder votre valise en consigne pendant la durée de votre trek. Il suffit de revenir la chercher à la fin. Pour ceux qui souhaitent plus de flexibilité, des services spécialisés se sont développés. Des entreprises locales comme Ecolobus ou Bagages Services proposent un transport de bagages dédié, vous permettant de retrouver vos affaires directement à votre hôtel d’arrivée post-trek à Saint-Philippe ou ailleurs. C’est un confort qui a un coût, mais qui offre une tranquillité d’esprit totale.
Voici un résumé des options logistiques :
- Consigne à l’hôtel : Négocier avec votre hébergement de départ (souvent à Saint-Denis) pour qu’il garde votre bagage principal.
- Transporteurs spécialisés : Utiliser un service payant qui achemine votre valise du point A au point B.
- Colis postal : S’envoyer un colis à soi-même en poste restante dans une ville stratégique de fin de parcours (Saint-Pierre ou Saint-Philippe).
- Organisation du retour : Planifier à l’avance le transport retour depuis Basse-Vallée (fin du GR R2) vers votre point de récupération de bagages, en utilisant le réseau de bus Car Jaune ou en réservant un taxi.
Ne pas anticiper ce point peut gâcher la fin de votre aventure. Comme en témoigne un couple de voyageurs, se retrouver au Gîte du Volcan ou à Basse-Vallée sans solution claire pour rejoindre Saint-Pierre ou l’aéroport peut être une source de stress importante. L’auto-stop fonctionne, mais compter uniquement dessus est un pari risqué. La planification de ce transfert est aussi importante que celle des étapes.
En réglant cette question avant même de commencer à marcher, vous vous offrez le luxe de vous concentrer à 100% sur le sentier.
Pourquoi l’étape du Maïdo est-elle le juge de paix du GR R2 ?
Dans le jargon des trekkeurs du GR R2, certaines étapes sont considérées comme des « juges de paix » : des journées si exigeantes qu’elles valident ou invalident votre préparation physique et mentale. Si le titre mentionne le Maïdo, une ascension redoutable, le véritable test se situe souvent dans la séquence de plusieurs jours qui inclut la sortie de Mafate par le col du Taïbit et l’ascension vers le Piton des Neiges depuis Cilaos. C’est là que les corps et les esprits sont poussés dans leurs derniers retranchements.
La sortie de Mafate via le Taïbit est un moment charnière. Après plusieurs jours dans le cirque le plus isolé, cette ascension représente une barrière physique et psychologique. La montée est raide, technique, et marque le passage vers Cilaos. Mais le véritable défi suit souvent le repos (relatif) à Cilaos. L’étape Cilaos – Gîte de la Caverne Dufour (au pied du Piton des Neiges) est un monstre de dénivelé. C’est une montée quasi ininterrompue qui met les organismes à rude épreuve. Si vous avez accumulé une « dette physique » dans les jours précédents, c’est ici que vous la paierez comptant.
D’autres étapes, comme celle reliant Cilaos à Bourg-Murat sans passer par le sommet du Piton, sont également des marathons. Une étape comme celle-ci peut représenter, selon un relevé d’itinéraires d’experts, jusqu’à 26 km avec 1700m de D+ et 1300m de D- en près de 8 heures de marche. C’est sur ce type de journée que l’on sait si la préparation a été suffisante. Le mental doit prendre le relais quand le physique commence à faiblir. La beauté sauvage des paysages, comme la montée brumeuse vers le Taïbit, devient alors la récompense qui pousse à continuer.
Ces étapes ne sont pas seulement difficiles, elles sont révélatrices. Elles exposent chaque faiblesse dans votre préparation : un sac trop lourd, des genoux mal préparés, une mauvaise gestion de l’alimentation ou de l’hydratation. Les franchir avec succès n’est pas qu’une victoire physique ; c’est la confirmation que votre stratégie de trek est la bonne. C’est pourquoi on les appelle les juges de paix.
C’est en vous préparant spécifiquement pour ces moments que vous vous donnez les moyens de passer de « survivre » à « réussir ».
Ampoules et échauffements : comment soigner ses pieds pour finir le GR R2 ?
Sur le GR R2, vos pieds ne sont pas juste un moyen de transport, ils sont votre capital le plus précieux. Le terrain réunionnais est un ennemi redoutable pour eux : l’humidité constante due au climat tropical favorise la macération, tandis que les milliers de marches en roche volcanique créent des points de friction et des chocs répétés. Négliger la santé de ses pieds est le chemin le plus court vers l’abandon. Une simple ampoule, mal gérée, peut se transformer en une blessure invalidante en moins de 24 heures.
La prévention est donc la seule stratégie viable. Elle commence bien avant le départ, avec des chaussures « faites » à vos pieds, mais elle se poursuit chaque jour sur le sentier. Le maître-mot est : garder ses pieds au sec. Profitez de chaque pause pour enlever chaussures et chaussettes, et laisser vos pieds sécher à l’air libre. La technique de la double chaussette (une fine synthétique en dessous, une en laine mérinos au-dessus) est très efficace pour gérer la transpiration.
Ensuite, il faut anticiper les frottements. L’application généreuse d’une crème anti-frottements (type NOK) chaque matin est indispensable. Pour les zones que vous savez sensibles, n’attendez pas la douleur : strappez-les préventivement avec de l’élastoplaste. Une traileuse expérimentée du GR R2 témoigne qu’après son périple, ses chevilles sont restées gonflées plusieurs jours, signe des torsions multiples subies. Cela souligne l’importance d’un bon maintien et d’un amorti suffisant pour protéger tout l’appareil locomoteur. Votre kit de podologie doit être complet et accessible à tout moment.
Votre feuille de route pratique : Audit des pieds avant le départ
- Points de contact : Identifiez sur vos pieds nus toutes les zones de friction connues ou potentielles (talons, orteils, dessus du pied) avec vos chaussures de trek.
- Collecte : Inventoriez votre matériel existant. Avez-vous de la crème anti-frottements, des pansements double peau, de l’élastoplaste, des chaussettes adaptées (synthétiques et laine) ?
- Cohérence : Vos chaussures sont-elles bien adaptées à la morphologie de votre pied et à un usage intensif avec gonflement potentiel ? L’amorti est-il suffisant pour protéger vos genoux ?
- Mémorabilité/émotion : Avez-vous déjà testé votre routine de soin des pieds sur une randonnée de plusieurs jours pour en faire un automatisme et non une corvée ?
- Plan d’intégration : Établissez votre rituel quotidien : application de crème le matin, séchage aux pauses, inspection et soins le soir au gîte. Préparez un mini-kit accessible dans la journée.
En traitant vos pieds avec le plus grand soin, vous vous assurez que ce sont eux qui vous portent jusqu’à la fin, et non l’inverse.
Drap de sac et boules Quies : l’équipement indispensable pour bien dormir en gîte
La récupération est une composante essentielle de la performance sur un trek aussi exigeant que le GR R2. Or, cette récupération passe par une bonne nuit de sommeil. Les gîtes de montagne, bien que providentiels, sont souvent des dortoirs rustiques où le confort est sommaire et la promiscuité, la norme. S’attendre à une nuit paisible sans un minimum de préparation est une illusion. La « micro-logistique » de survie en dortoir est une compétence qui fait toute la différence.
L’équipement de base est bien sûr le drap de sac (« sac à viande »), obligatoire dans tous les gîtes. Mais pour vraiment bien dormir, il faut aller plus loin. Les nuits en altitude, même sous les tropiques, peuvent être glaciales. Les températures peuvent frôler les 0°C au Piton des Neiges ou au Volcan. Une micro-polaire ou une doudoune légère n’est pas un luxe, mais une nécessité pour ne pas grelotter sous la fine couverture fournie. Les boules Quies et le masque de sommeil sont vos meilleurs alliés contre les ronflements et les départs ultra-matinaux des autres randonneurs (dès 4h pour les levers de soleil).
Pensez aussi aux aspects pratiques :
- Lampe frontale à lumière rouge : Indispensable pour vous déplacer dans le dortoir la nuit ou tôt le matin sans réveiller tout le monde.
- Multiprise légère : Les prises électriques sont une denrée rare et très convoitée pour recharger téléphones et GPS. Avoir une multiprise fait de vous le roi du dortoir.
- Respecter le rythme : Les gîtes fonctionnent sur un rythme montagnard. Le dîner est servi tôt (souvent 18h30) et l’extinction des feux est vers 21h. S’adapter à ce rythme, c’est maximiser son temps de repos.
Cette préparation logistique inclut aussi le budget. Dormir et manger en gîte a un coût qu’il faut anticiper. En moyenne, selon les retours d’expérience, il faut compter environ 45 euros par jour et par personne pour la demi-pension. Prévoir cette somme en liquide est prudent, car tous les gîtes n’acceptent pas la carte bancaire.
En optimisant vos nuits, vous donnez à votre corps les moyens de se régénérer et d’attaquer chaque nouvelle journée avec un maximum d’énergie.
L’erreur de gestion de l’eau qui peut stopper votre trek en plein soleil
S’il y a une ressource qui ne tolère aucune erreur de gestion à La Réunion, c’est l’eau. Se retrouver à sec au milieu d’une étape, sous un soleil de plomb et loin de toute source, est non seulement dangereux mais peut signer la fin prématurée de votre aventure. La topographie de l’île crée de longues sections sans aucun point d’eau fiable, notamment entre le Maïdo et Cilaos ou dans la traversée désertique de la Plaine des Sables. Sur ces tronçons, il est impératif de partir avec une autonomie suffisante, soit 3 à 4 litres par personne.
Cependant, l’intelligence de trek ne consiste pas à porter un maximum d’eau en permanence, mais à savoir où et quand se réapprovisionner. Se fier aveuglément à un seul guide peut être risqué. Par exemple, certains guides comme celui de la FFRP sont très prudents et peuvent omettre des points d’eau jugés non permanents. Des retours de terrain plus récents, comme ceux partagés sur des forums de randonneurs, montrent qu’il existe parfois des sources fiables non officielles. Une discussion sur le forum Randonner Léger mentionne par exemple deux points d’eau entre Dos d’Âne et Aurère, là où les guides n’en signalent aucun.
Il est donc crucial de croiser les informations et, surtout, de demander conseil dans les gîtes avant chaque départ. Les gardiens connaissent l’état des sources en temps réel. Le tableau suivant synthétise les points d’eau les plus connus, mais doit toujours être complété par une vérification sur le terrain.
| Section | Points d’eau | Fiabilité | Remarques |
|---|---|---|---|
| Aurère – Marla | Aurère, Îlet à Bourses, La Nouvelle (église), Marla (Chez Jimmy) | Fiables | Plusieurs points de ravitaillement |
| Marla – Cilaos | Descente du Taïbit (Tisanière) | Très fiable | Robinet toujours ouvert même lieu fermé |
| Cilaos – Piton des Neiges | Plateau des Chênes, kiosque montée | Variable | Attention, point parfois sec au kiosque |
| Bourg-Murat – Volcan | Pas de Bellecombe | Fiable | Achat bouteilles plastique possible |
| Sections sèches | Maïdo-Cilaos, Plaine des Sables | Aucune source | Prévoir 3-4L par personne |
Enfin, n’oubliez jamais de traiter votre eau. Même si une source semble claire, le risque bactériologique existe à cause du bétail ou de la faune. Un filtre à eau ou des pastilles de purification sont des éléments de sécurité non négociables dans votre sac.
En planifiant chaque remplissage, vous vous assurez de rester hydraté et performant, même dans les conditions les plus extrêmes.
À retenir
- Stratégie de ravitaillement : L’allègement du sac est la clé. Utilisez les ti-boutiks de Mafate et les villes-étapes (Cilaos, Bourg-Murat) pour ne jamais porter plus de 3 jours de vivres.
- Gestion du rythme : Évitez la « dette physique » en adoptant une allure modérée les premiers jours. Le GR R2 est un marathon, pas un sprint.
- Préparation ciblée : Concentrez votre entraînement sur la protection de votre « capital genou » avec un travail excentrique et un renforcement des stabilisateurs pour encaisser le dénivelé négatif.
Comment préparer ses genoux aux milliers de marches des sentiers réunionnais ?
Le GR R2 est souvent décrit par son dénivelé positif, mais son véritable bourreau, c’est le dénivelé négatif. La traversée complète totalise, selon les estimations, près de 9890m de dénivelé positif et 9920m de dénivelé négatif. Ces milliers de mètres de descente se font sur des sentiers qui sont souvent de véritables escaliers de marches inégales, hautes et taillées dans la roche volcanique. Cet effort, répété jour après jour, est un véritable poison pour les genoux non préparés. Votre force en montée ne vous servira à rien si vos genoux vous lâchent en descente. Préserver votre « capital genou » doit être l’objectif numéro un de votre préparation physique.
Une préparation classique d’endurance ne suffit pas. Il faut intégrer un travail spécifique, au moins 3 mois avant le départ. Le renforcement des quadriceps en travail excentrique est fondamental : il s’agit de contrôler le mouvement de descente. Des exercices simples comme la descente lente d’une marche ou le « pistol squat » assisté sont parfaits. Il faut aussi renforcer les muscles stabilisateurs, notamment les fessiers (avec des hip thrusts), qui jouent un rôle crucial dans l’alignement du genou et l’absorption des chocs.

Sur le terrain, la technique est tout aussi importante. L’utilisation de bâtons de randonnée est absolument non-négociable. Ils permettent de répartir l’effort et de soulager les articulations de près de 30% du poids à chaque pas. Apprenez à les utiliser activement en descente pour amortir. Enfin, testez votre corps en conditions réelles : organisez des week-ends chocs avec des marches de plusieurs heures et un sac chargé pour simuler l’effort et identifier les faiblesses à corriger. Pour les genoux fragiles, l’utilisation préventive de K-Taping peut apporter un soutien précieux.
Voici les piliers de la préparation :
- Travail excentrique : Descentes lentes sur une marche pour renforcer les quadriceps.
- Renforcement des fessiers : Hip thrusts et fentes pour stabiliser le bassin et le genou.
- Simulation : Randonnées longues avec un sac de 12-14 kg pour habituer le corps.
- Technique de bâtons : Utilisation active pour amortir chaque pas en descente.
En investissant dans cette préparation ciblée, vous ne faites pas que prévenir les blessures : vous vous donnez les moyens de profiter du paysage au lieu de subir chaque descente. C’est le début de votre aventure.