
La Réserve Naturelle Marine de La Réunion constitue un joyau de biodiversité dans l’océan Indien occidental, abritant plus de 3500 espèces marines sur seulement 35 km² d’écosystèmes coralliens protégés. Créée en 2007, cette aire marine protégée s’étend le long de la côte ouest et sud-ouest de l’île, offrant aux passionnés de snorkeling des opportunités d’observation exceptionnelles dans des eaux cristallines peu profondes. Les lagons coralliens réunionnais, véritables aquariums naturels, permettent d’explorer une faune et une flore sous-marines d’une richesse extraordinaire, où se côtoient espèces endémiques des Mascareignes et faune tropicale caractéristique de l’Indo-Pacifique.
Biodiversité marine endémique des eaux réunionnaises
Les eaux de la Réserve Marine de La Réunion abritent une biodiversité marine remarquable, fruit de la position géographique stratégique de l’île au cœur de l’océan Indien. Cette richesse biologique s’explique par la diversité des habitats coralliens, des lagons peu profonds aux tombants récifaux, créant un mosaïque d’écosystèmes interconnectés. La température constante des eaux, oscillant entre 22°C en hiver austral et 27°C en été, favorise le développement d’une communauté marine tropicale particulièrement dense et diversifiée.
Poissons tropicaux emblématiques : poisson-papillon, poisson-ange et chirurgien bleu
Les récifs coralliens de la réserve grouillent de poissons tropicaux aux couleurs éclatantes, véritables ambassadeurs de la biodiversité marine réunionnaise. Le poisson-papillon à bandes jaunes (Chaetodon lunula) figure parmi les espèces les plus emblématiques, facilement reconnaissable à ses rayures noires verticales sur fond jaune doré. Ces poissons évoluent généralement en couples fidèles, se nourrissant principalement de polypes coralliens et de petits invertébrés benthiques.
Le poisson-ange empereur juvénile (Pomacanthus imperator) offre un spectacle particulièrement prisé des snorkeleurs, avec sa livrée bleue électrique ornée de lignes blanches concentriques. Les spécimens adultes, arborant une coloration jaune et bleue plus complexe, fréquentent préférentiellement les zones rocheuses et les formations coralliennes denses. Le chirurgien bleu (Paracanthurus hepatus), reconnaissable à sa couleur bleu cobalt et ses motifs noirs caractéristiques, forme souvent des bancs impressionnants dans les passes et les chenaux du lagon.
Espèces coralliennes caractéristiques de l’océan indien occidental
Les formations coralliennes de la réserve marine réunionnaise présentent une diversité remarquable de scléractiniaires, ces coraux durs bâtisseurs de récifs qui constituent l’architecture même des écosystèmes observés en snorkeling. Les coraux branchus du genre Acropora dominent les zones peu profondes des lagons, créant des jardins coralliens d’une beauté saisissante où la lumière filtrée dessine des jeux d’ombre et de lumière enchanteurs.
Les coraux massifs, notamment les Porites et les Favia, forment des structures imposantes pouvant atteindre plusieurs mètres de diamètre et témoignent de la longévité de ces éc
osystèmes récifaux. Dans les zones un peu plus profondes, on observe fréquemment des colonies de Montipora et de Pavona, dont les formes en feuilles ou en coupoles épousent les micro-reliefs volcaniques. Ces espèces coralliennes typiques de l’océan Indien occidental constituent des refuges essentiels pour les juvéniles de poissons tropicaux, que vous verrez se faufiler entre les branches et les anfractuosités du récif.
La Réserve Naturelle Marine de La Réunion abrite également des coraux « cerveaux » (génère Platygyra et Favites), reconnaissables à leurs motifs sinueux qui rappellent les circonvolutions d’un cerveau humain. En snorkeling, on distingue nettement ces textures complexes à quelques dizaines de centimètres seulement sous la surface. Si certains platiers ont subi des épisodes de blanchissement corallien, de nombreuses zones présentent encore une couverture corallienne active, avec des teintes allant du brun doré au vert fluorescent, particulièrement spectaculaires à la mi-journée lorsque le soleil est au zénith.
Faune benthique spécifique aux récifs coralliens mascareignes
En observant plus attentivement le fond du lagon, vous découvrirez une faune benthique discrète mais omniprésente, étroitement liée aux récifs coralliens mascareignes. Les gobies et les blennies se posent sur le substrat ou se cachent dans de petits trous, guettant le passage de proies microscopiques. Ces petits poissons, souvent moins colorés que les espèces emblématiques, jouent pourtant un rôle clé dans le fonctionnement de l’écosystème récifal en recyclant la matière organique.
Dans les zones sableuses intercalées entre les patates de corail, on peut apercevoir des turbots tropicaux et des grondins volants, capables de se camoufler presque parfaitement. À la manière de feuilles posées sur le fond, ils ne se révèlent souvent qu’au dernier moment, lorsqu’ils se déplacent brusquement. Vous remarquerez aussi des labres nettoyeurs qui évoluent au-dessus de stations de nettoyage, où viennent se présenter de plus gros poissons pour se faire débarrasser de leurs parasites – une scène fascinante à observer en snorkeling, comme si l’on assistait à une session de « toilettage » sous-marin.
Les récifs réunionnais accueillent également des murènes de petite taille, cachées dans les interstices coralliens. Bien que leur apparence puisse impressionner, elles restent généralement craintives et ne sortent que la tête pour respirer, bouche entrouverte. En gardant une distance respectueuse et en évitant de glisser les mains dans les trous du récif, vous pourrez les admirer en toute sécurité, sans perturber leur comportement naturel.
Macro-invertébrés endémiques : oursins-diadème et holothuries
Parmi les habitants emblématiques des récifs coralliens de La Réunion, les oursins-diadème (genre Diadema) attirent rapidement l’œil avec leurs longs piquants noirs pouvant dépasser 20 cm. Essentiels à l’équilibre de la couverture algale, ils broutent les microalgues qui pourraient étouffer les coraux. En snorkeling, vous les verrez souvent tapissés dans les zones rocheuses ou entre les patates coralliennes : raison de plus pour éviter de poser les pieds au fond et privilégier la flottaison horizontale.
Les holothuries, plus connues sous le nom de concombres de mer, abondent également sur les platiers récifaux réunionnais. Leur rôle est comparable à celui de « recycleurs » de l’écosystème : en ingérant le sable et la matière organique, elles contribuent à filtrer et oxygéner le sédiment. Certaines espèces endémiques des Mascareignes présentent des colorations sombres ou marbrées que l’on distingue aisément à faible profondeur. À leurs côtés, vous croiserez régulièrement des étoiles de mer coussin et des ophiures cachées sous les blocs coralliens, invisibles au premier coup d’œil mais déjà indispensables à la chaîne alimentaire.
Vous remarquerez enfin la présence de bénitiers géants incrustés dans le récif, leurs manteaux colorés allant du bleu électrique au vert fluorescent. Ces mollusques bivalves, parfois centenaires, participent à la photoproduction grâce aux micro-algues symbiotiques qu’ils abritent. Comme pour les oursins et les holothuries, l’observation doit rester purement visuelle : ni manipulation ni contact, afin de préserver ces macro-invertébrés vulnérables, pourtant si caractéristiques de la biodiversité de la Réserve Marine de La Réunion.
Cartographie des zones de snorkeling dans la réserve naturelle marine
La Réserve Naturelle Marine de La Réunion est structurée en plusieurs secteurs présentant chacun des caractéristiques écologiques et des conditions de snorkeling spécifiques. Pour bien choisir où faire du snorkeling dans la réserve, il est utile de comprendre cette « carte sous-marine » qui s’étend du lagon de l’Hermitage aux récifs de la Saline-les-Bains. Chaque zone combine profondeur, type de récif et niveau de protection réglementaire, ce qui influence directement ce que vous pourrez y observer en palmes-masque-tuba.
La majorité des sites accessibles en snorkeling dans la réserve se situent dans des lagons peu profonds protégés par une barrière de corail, avec une profondeur maximale d’environ 2 mètres. Quelques secteurs, comme les passes et les chenaux, offrent cependant des eaux plus profondes et une biodiversité plus pélagique, recherchée par les snorkeleurs aguerris. En tenant compte de votre niveau, de la marée et de la houle, vous pourrez ainsi adapter votre itinéraire pour profiter au mieux des différents habitats récifaux.
Secteur de l’Hermitage-les-Bains : lagons protégés et herbiers de phanérogames
Le secteur de l’Hermitage-les-Bains constitue l’un des cœurs de la Réserve Naturelle Marine de La Réunion pour la pratique du snorkeling. Le lagon, large et peu profond, offre des conditions calmes et sécurisées, idéales pour une première immersion dans la réserve. À quelques mètres seulement du bord, vous alternerez entre zones sableuses, herbiers de phanérogames marines (principalement Halodule et Halophila) et patates de corail disséminées, comme un patchwork d’habitats miniatures.
Ces herbiers jouent un rôle similaire à celui d’une prairie sous-marine : ils abritent de nombreux juvéniles de poissons, crustacés et petits invertébrés. C’est dans ces herbiers que l’on observe régulièrement des tortues vertes en alimentation, notamment tôt le matin ou en fin de journée. Pour optimiser vos chances, nagez parallèlement à la plage, à faible distance du rivage, et laissez-vous porter par les faibles courants de dérive du lagon. En gardant une nage douce et discrète, vous maximiserez les rencontres tout en limitant votre impact sur ces habitats sensibles.
Zone de trou d’eau : formations coralliennes frangeantes accessibles
Plus au sud, la zone de Trou d’Eau se distingue par ses formations coralliennes frangeantes particulièrement accessibles en snorkeling. Ici, le récif s’avance plus près du bord et forme une mosaïque serrée de coraux massifs et branchus, entrecoupés de petites cuvettes sableuses. À marée haute, le plan d’eau offre suffisamment de profondeur pour évoluer confortablement au-dessus des coraux sans les toucher, ce qui en fait un site privilégié pour les snorkeleurs à la recherche de jardins coralliens bien structurés.
Vous pourrez observer dans ce secteur une forte densité de poissons-papillons, de demoiselles et de poissons-perroquets, très actifs dans le brouteur des algues. La lumière y est généralement excellente, ce qui en fait un lieu idéal pour la photographie sous-marine en snorkeling. En revanche, la zone est parfois partagée avec d’autres activités nautiques (kayak transparent, paddle), ce qui impose de garder une bonne visibilité autour de vous et de rester dans les couloirs dédiés au palmes-masque-tuba balisés par la réserve.
Pass de l’hermitage : chenaux profonds et biodiversité pélagique
La passe de l’Hermitage, qui interrompt la barrière de corail et met en communication directe le lagon et l’océan, constitue un secteur à part dans la cartographie des spots de snorkeling de la réserve. Ici, la bathymétrie change brusquement : les chenaux profonds peuvent atteindre plusieurs mètres, offrant un habitat de transition entre les communautés récifales et la faune plus pélagique. On y observe parfois des bancs de carangues, des perroquets à bosse et, avec un peu de chance, des raies en transit.
Ce secteur est cependant plus exposé aux courants de marée et à la houle, ce qui le rend réservé aux snorkeleurs expérimentés et uniquement dans des conditions de mer très calme. Vous noterez également la présence de balises jaunes délimitant des zones de protection renforcée et des zones de réserve intégrale où toute activité humaine est interdite. En restant strictement dans les couloirs autorisés et en évitant de s’approcher de l’ouverture réelle de la passe, vous pourrez néanmoins profiter d’une biodiversité exceptionnelle, avec une visibilité souvent supérieure à celle du reste du lagon.
Récifs de Saline-les-Bains : plateaux coralliens et tombants sous-marins
Au sud de l’Hermitage, les récifs de la Saline-les-Bains prolongent la barrière corallienne en formant de vastes plateaux récifaux. Ceux-ci sont ponctués de petites cassures et de tombants sous-marins accessibles uniquement à la palme pour les snorkeleurs confirmés. Depuis la plage, vous évoluez d’abord au-dessus d’une zone sableuse puis atteignez progressivement des structures coralliennes plus développées, avec des bouquets d’Acropora et des massifs de Porites formant de véritables « collines » sous-marines.
La zone est réputée pour ses rencontres avec les tortues et, ponctuellement, avec quelques espèces de raies qui viennent longer le récif externe. En restant côté lagon et en évitant de se rapprocher du bord externe de la barrière, vous pourrez profiter d’une grande diversité d’espèces tout en bénéficiant de la protection naturelle du récif. La Saline-les-Bains se prête particulièrement bien aux sessions de snorkeling en dérive : en partant d’un point d’accès et en vous laissant porter doucement par le courant le long de la côte, tout en restant attentif aux repères à terre, vous découvrirez une succession de micro-habitats sans effort excessif.
Formations géologiques sous-marines et habitats coralliens
Comprendre ce que l’on observe en snorkeling dans la Réserve Marine de La Réunion, c’est aussi s’intéresser au support sur lequel s’installent les récifs : le substrat volcanique de l’île. Comme un bâtiment qui reposerait sur des fondations de lave, les récifs coralliens réunionnais se sont construits sur des reliefs sous-marins issus de l’activité du Piton des Neiges et du Piton de la Fournaise. Cette géologie particulière façonne la morphologie des récifs frangeants, la répartition des habitats et, in fine, la diversité des espèces que vous croiserez en palmes-masque-tuba.
La jeunesse géologique de l’île explique également pourquoi les récifs coralliens ne ceinturent pas l’intégralité du littoral, mais se concentrent sur la façade ouest plus abritée. Les coulées de lave anciennes, les talus basaltiques et les plateaux sous-marins constituent autant de « terrains d’accueil » pour les scléractiniaires, qui colonisent progressivement ces structures. En snorkeling, vous percevrez ces particularités géomorphologiques à travers les ruptures de pente, les cuvettes et les petits canyons qui rythment le paysage sous-marin.
Morphologie des récifs frangeants basaltiques réunionnais
Les récifs de La Réunion sont majoritairement des récifs frangeants, c’est-à-dire directement accolés au rivage, reposant sur des bases basaltiques issues des anciennes coulées volcaniques. Depuis la plage, on distingue généralement trois grandes zones : la plage et l’estran sableux, le platier récifal peu profond et, plus au large, la crête récifale qui reçoit l’essentiel de l’énergie des vagues. En snorkeling, vous évoluez principalement sur le platier interne, protégé, où la profondeur reste généralement inférieure à 2 mètres.
La morphologie basaltique se traduit par des murets, des blocs et des ressauts naturels, qui offrent de multiples points d’ancrage pour les coraux et les algues calcaires. Vous verrez ainsi des patates de corail se développer sur d’anciens reliefs volcaniques, comme si le récif venait habiller de couleurs un paysage minéral sombre. Cette combinaison de supports d’origine volcanique et de constructions biogènes (les coraux eux-mêmes) crée une complexité structurale remarquable, essentielle à la richesse de la faune observée en snorkeling.
Substrats volcaniques et colonisation par les scléractiniaires
Les scléractiniaires, ou coraux constructeurs de récifs, colonisent progressivement les substrats volcaniques grâce à leurs larves planctoniques qui se fixent sur les surfaces disponibles. À La Réunion, cette colonisation suit souvent un gradient allant des zones les plus calmes du lagon vers les bordures plus exposées. Dans les premiers stades, on observe des croûtes d’algues calcaires, puis l’installation de petits colonies coralliennes en forme de bouquets ou de coussins.
En snorkeling attentif, vous pourrez parfois distinguer ces stades de colonisation sur un même secteur : des zones nues ou peu couvertes, des micro-patchs de jeunes coraux, puis des patates plus âgées offrant déjà de nombreux refuges. C’est un peu comme observer une forêt en cours de régénération, où se côtoient plantes pionnières et arbres matures. Cette dynamique explique pourquoi la couverture corallienne est très variable selon les sites et, parfois, au sein même d’un même lagon, en fonction de l’histoire locale des épisodes de houle, de cyclones ou de blanchissement.
Platiers récifaux et zonation écologique verticale
Les platiers récifaux réunionnais présentent une zonation verticale marquée, visible même à l’échelle de la pratique du snorkeling. Près de la plage, la zone très peu profonde est dominée par le sable, quelques débris coralliens et les herbiers, où se concentrent de nombreux juvéniles et poissons de petite taille. En avançant vers le large, la profondeur augmente légèrement et les patates de corail deviennent plus fréquentes et plus denses, formant un véritable « quartier corallien » abritant une faune plus diversifiée.
Plus près de la crête récifale, la topographie se complexifie et la profondeur peut varier brusquement de quelques dizaines de centimètres. Ces micro-reliefs favorisent la cohabitation d’espèces adaptées à des conditions de lumière, de courant et d’hydrodynamisme différentes. En tant que snorkeleur, vous traverserez successivement ces « étages » écologiques, un peu comme si vous grimpiez d’un sous-bois vers la canopée dans une forêt tropicale. Garder ce schéma en tête permet de mieux anticiper les changements de faune et de flore au fil de votre progression.
Canyons sous-marins et circulation hydro-sédimentaire
Par endroits, notamment en périphérie des passes et à proximité des anciens exutoires volcaniques, la structure récifale est entaillée de petits canyons sous-marins et de rigoles qui canalisent les courants. Ces micro-canyons, parfois accessibles en snorkeling lorsque la profondeur reste modérée, constituent des corridors privilégiés pour certains poissons pélagiques côtiers, comme les licornes ou les carangues. Ils jouent également un rôle majeur dans la circulation hydro-sédimentaire, en évacuant vers le large les sédiments fins issus du lagon.
Observer ces canyons, même depuis la surface, permet de comprendre pourquoi certaines zones du lagon présentent un sable très propre et une excellente visibilité, tandis que d’autres accumulent davantage de débris coralliens. Lors des marées de vives-eaux ou en période de forte houle, ces structures deviennent de véritables « autoroutes » pour l’eau, ce qui peut générer des courants localement plus forts. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est recommandé de rester dans les zones balisées et de toujours tenir compte des consignes de sécurité affichées par la Réserve Marine et les maîtres-nageurs.
Mégafaune pélagique observable en périphérie récifale
Si les lagons peu profonds sont le royaume des poissons tropicaux de petite taille, la mégafaune pélagique n’est jamais très loin des récifs de La Réunion. En périphérie de la barrière corallienne, notamment à proximité des passes et sur les tombants externes, on peut observer, en sortie organisée, des espèces emblématiques comme les dauphins, les baleines à bosse (en saison) ou encore de grandes raies. Ces rencontres ne se produisent pas à l’intérieur même des lagons de la Réserve Naturelle Marine, mais dans sa zone d’influence au large, souvent au départ des ports de Saint-Gilles ou de Saint-Leu.
De juin à octobre, les baleines à bosse viennent mettre bas et élever leurs petits dans les eaux chaudes de l’océan Indien occidental. Lors d’excursions encadrées respectant la charte d’approche des cétacés, vous pourrez parfois les observer depuis la surface, voire les entendre chanter en plongeant la tête dans l’eau. Toute tentative de snorkeling avec les baleines est strictement encadrée par la réglementation, et seuls certains opérateurs labellisés sont autorisés à proposer une observation en palmes-masque-tuba, toujours dans le respect du bien-être des animaux.
Les dauphins, présents toute l’année, sont plus fréquemment aperçus en bancs à proximité des tombants récifaux. Les grands dauphins de l’Indo-Pacifique et les dauphins à long bec accompagnent parfois les bateaux, offrant un spectacle inoubliable. Là encore, l’approche doit rester passive et non intrusive, en évitant de leur couper la route ou de tenter un contact direct. Sur les récifs plus exposés comme ceux de Boucan Canot (hors zones fermées à la baignade), il n’est pas rare de croiser de grandes raies aigles ou pastenagues en transit, signes de la continuité entre les habitats lagonaires et l’océan ouvert.
Réglementation RNMR et protocoles d’observation responsable
La Réserve Naturelle Marine de La Réunion (RNMR) est soumise à une réglementation stricte visant à protéger des écosystèmes récifaux particulièrement fragiles. Pour vous, snorkeleur, cela se traduit par un ensemble de règles simples mais essentielles à respecter pour pratiquer un snorkeling responsable. Le territoire de la réserve est découpé en plusieurs types de zones : des zones d’usages multiples, où le snorkeling est autorisé, des zones de protection renforcée et des zones de réserve intégrale, totalement interdites à la fréquentation humaine, même en palmes-masque-tuba.
Ces zones sont matérialisées en mer par des balises jaunes et, à terre, par des panneaux d’information installés aux accès des plages. Avant d’entrer dans l’eau, il est donc indispensable de repérer le zonage et de s’assurer que vous restez dans le périmètre autorisé. Outre la préservation de la biodiversité, cette réglementation vise également à garantir votre sécurité en canalisant la fréquentation vers des secteurs surveillés et adaptés au snorkeling.
Les principaux gestes à adopter pour un snorkeling respectueux dans la RNMR sont les suivants :
- Ne pas toucher ni piétiner les coraux, même s’ils semblent morts ou cassés.
- Éviter de nourrir les poissons, afin de ne pas perturber leurs comportements naturels.
- Utiliser une crème solaire reef-safe ou privilégier le port d’un lycra anti-UV.
- Ne pas prélever d’organismes (coquillages, coraux, sable) ni déplacer les pierres.
En adoptant ces bonnes pratiques, vous contribuez directement à la préservation de la réserve tout en maximisant vos observations. Pensez aussi à adapter la durée de vos sessions et à faire des pauses à l’ombre : un snorkeleur attentif, reposé et bien protégé du soleil sera davantage en mesure de repérer les détails de la vie récifale et de profiter pleinement de la richesse de la Réserve Naturelle Marine de La Réunion.
Conditions océanographiques optimales pour la pratique du snorkeling
La réussite d’une sortie snorkeling dans la Réserve Marine de La Réunion dépend étroitement des conditions océanographiques. Même si l’on peut pratiquer toute l’année, certains créneaux combinent meilleure visibilité, mer calme et lumière optimale. De manière générale, la période allant d’octobre à novembre offre un excellent compromis entre température de l’eau (souvent autour de 25–26 °C), météo stable et fréquentation encore modérée sur les plages.
La marée joue un rôle clé dans l’état du lagon. À marée haute, la profondeur supplémentaire facilite le passage au-dessus des patates coralliennes sans risque de contact, mais peut entraîner un léger brassage de l’eau si la houle est présente. À marée basse, la visibilité est souvent très bonne, mais certains secteurs deviennent trop peu profonds pour un snorkeling confortable. Les jours de nouvelle lune, les marées sont moins amples, ce qui limite les courants de vidange du lagon et favorise une eau plus calme et plus claire. À l’inverse, à la pleine lune, les marées de vive-eau accentuent les courants entre les structures coralliennes et peuvent troubler l’eau.
La houle et le vent sont également des paramètres déterminants. La façade ouest de La Réunion est globalement abritée des alizés dominants, mais en hiver austral (mai–septembre), les épisodes de houle australe peuvent fortement dégrader la visibilité et rendre certains accès à l’eau dangereux, notamment au voisinage des passes. Avant toute sortie, il est donc conseillé de consulter les bulletins météo marins et les informations de la RNMR, voire de vous renseigner auprès des maîtres-nageurs ou des clubs locaux.
Enfin, le moment de la journée influence beaucoup votre expérience. Le matin, entre 8 h et 11 h, la mer est souvent plus calme, la lumière rasante fait ressortir les reliefs du récif et la fréquentation est moindre. En milieu de journée, la lumière verticale pénètre plus profondément et sublime les couleurs des coraux et des poissons, mais l’ensoleillement maximal impose une protection solaire adaptée. En combinant ces différents paramètres – saison, marée, houle, vent et horaire – vous augmenterez considérablement vos chances de profiter de conditions idéales pour observer la biodiversité exceptionnelle de la Réserve Naturelle Marine de La Réunion en snorkeling.