Publié le 15 mars 2024

Loin d’être de simples gardiens de la tradition, les Gramounes constituent le véritable système d’exploitation de la société réunionnaise, structurant activement son présent.

  • Leur savoir n’est pas folklorique mais opérationnel, de la pharmacopée naturelle validée par la science à la résolution des tensions sociales par le conte.
  • La cohésion familiale et le faible nombre de maisons de retraite ne découlent pas d’une simple valeur morale, mais d’une architecture sociale où l’ancien est le pivot central du foyer.

Recommandation : Pour comprendre La Réunion, ne visitez pas seulement ses paysages. Écoutez ses Gramounes, car ils ne racontent pas l’histoire, ils la vivent et la transmettent chaque jour.

À La Réunion, un mot résonne avec une tendresse et un respect profonds : « Gramoune ». Bien plus qu’une simple traduction de « personne âgée », ce terme désigne un statut, une reconnaissance de la sagesse acquise au fil d’une vie. Pour le visiteur ou le sociologue amateur, il est facile de tomber dans le cliché charmant du vieil aîné assis sur le pas de sa porte, gardien d’un folklore suranné. On imagine les contes au coin du feu et les remèdes de grand-mère comme des reliques d’un temps révolu, de douces traditions destinées à s’effacer devant la modernité.

Pourtant, cette vision folklorique passe à côté de l’essentiel. Et si la véritable clé pour comprendre l’âme réunionnaise n’était pas dans ses paysages spectaculaires, mais dans la place active et structurante qu’occupent ses aînés au quotidien ? Car les Gramounes ne sont pas les conservateurs passifs d’un musée. Ils sont les architectes vivants du lien social, les praticiens d’une médecine naturelle reconnue, les piliers d’une économie familiale et les dépositaires d’une langue qui s’invente chaque jour. Leur rôle n’est pas un souvenir ; c’est une force agissante qui façonne la société insulaire contemporaine de manière tangible et indispensable.

Cet article propose de dépasser l’image d’Épinal pour explorer le rôle fonctionnel et vital des Gramounes. Nous verrons comment la transmission orale du « rakontaz » est une urgence culturelle, pourquoi la structure familiale prime sur les maisons de retraite, et comment les savoirs des « tisaneurs » constituent une véritable pharmacopée locale. En comprenant leur place, on ne découvre pas seulement le passé de La Réunion, mais les fondements de son présent et les clés de son avenir.

Pour saisir toute la profondeur de ce rôle, cet article vous guidera à travers les différentes facettes de l’influence des Gramounes, des contes oraux aux savoirs botaniques, en passant par les codes sociaux qui régissent le respect intergénérationnel.

Le « Rakontaz » : pourquoi est-il urgent d’enregistrer la mémoire orale des anciens ?

Le « rakontaz zistoir » est bien plus qu’une simple veillée où l’on raconte des histoires de « Grand-mère Kalle » ou de « Ti Jean ». C’est le principal vecteur par lequel une communauté transmet ses valeurs, sa langue, son histoire et sa vision du monde. Le conte créole n’est pas un divertissement passif ; c’est une performance interactive, un outil pédagogique et un régulateur social. À travers des récits métaphoriques, les Gramounes enseignent la morale, expliquent les phénomènes naturels et commentent les dynamiques sociales du village. C’est un savoir opérationnel, une manière de décoder le réel.

Cependant, cette transmission est aujourd’hui en péril. L’arrivée de nouveaux médias a profondément modifié les habitudes sociales. Une étude pointe notamment que l’arrivée de la télévision vers 1964 a transformé le rapport à la tradition orale, réduisant les moments de partage intergénérationnel. Les veillées se font plus rares, et avec chaque Gramoune qui disparaît, c’est une bibliothèque entière de savoirs, d’expressions et de récits uniques qui risque de se perdre à jamais. L’urgence n’est donc pas seulement de conserver un folklore, mais de sauvegarder les fondations d’une culture.

Étude de cas : La reconnaissance institutionnelle du conte créole

Consciente de cette fragilité, la société réunionnaise se mobilise. Le « Rakontaz zistoir » a été officiellement inscrit à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de France en 2017, une reconnaissance majeure. Pour passer de la reconnaissance à l’action, l’Académie de La Réunion a mis en place une « Mission Langue vivante régionale ». À travers des initiatives comme « enfants conteurs », des enseignants s’appuient sur le conte oral pour réintroduire le créole et sa richesse culturelle à l’école. Bien que ce dispositif ne touche encore qu’une minorité d’élèves, il témoigne d’une volonté de faire du rakontaz un outil vivant de transmission pour les nouvelles générations, et non plus seulement un souvenir.

L’enregistrement et la valorisation de cette mémoire orale ne sont pas un acte de nostalgie. C’est un investissement essentiel pour que les jeunes Réunionnais puissent construire leur avenir en s’appuyant sur la richesse d’un passé qui leur est propre et qui continue de faire sens aujourd’hui.

Pourquoi les maisons de retraite sont-elles moins fréquentes à La Réunion ?

Un chiffre suffit à illustrer une réalité sociale profonde : on ne dénombre qu’une vingtaine d’EHPAD sur toute l’île. En effet, le portail officiel pour les personnes âgées recense 20 établissements EHPAD seulement pour toute La Réunion, un nombre très faible au regard de la population. Cette particularité n’est pas le fruit du hasard ou d’un retard d’équipement, mais la conséquence directe d’une structure sociale où le Gramoune est, et reste, le pivot de la famille élargie.

L’organisation de l’habitat traditionnel créole, la « case », est conçue autour de cette cohabitation. La « kour » (la cour) n’est pas un simple jardin, c’est l’espace de vie central où plusieurs générations se croisent, échangent et s’entraident. Les aînés ne sont pas une charge, mais une ressource active : ils gardent les enfants, gèrent le potager (« jardin kréol »), transmettent les savoir-faire et maintiennent le lien entre les différentes branches de la famille. Placer un Gramoune en institution est souvent perçu non seulement comme un abandon affectif, mais aussi comme une rupture de cet équilibre fonctionnel.

Trois générations d'une famille réunionnaise réunies dans une cour créole

Cette image d’une famille multigénérationnelle dans une cour créole illustre parfaitement ce concept du « vivre-ensemble ». Le Gramoune n’est pas isolé dans une chambre ; il est au cœur de l’activité du foyer, participant et observant, incarnant la continuité et la stabilité. C’est une architecture sociale qui place le respect et l’utilité mutuelle au-dessus de l’individualisme.

Ce modèle, bien que confronté aux défis de la vie moderne (logements plus petits, mobilité professionnelle), reste profondément ancré dans les mentalités. Il explique pourquoi la solidarité familiale n’est pas qu’une valeur morale, mais un système d’organisation pragmatique qui a fait ses preuves depuis des générations.

Tisaneurs : comment les Gramounes soignent les petits maux avec les plantes du jardin ?

Le « tisaneur » ou la « tisaneuse » est une figure centrale de la culture réunionnaise, incarnant un savoir ancestral sur les « zerbaz » (plantes médicinales). Ce savoir, transmis de génération en génération, n’est pas une simple collection de « remèdes de bonne femme ». Il constitue une véritable pharmacopée alternative, sollicitée au quotidien pour soigner les maux courants : maux de ventre, fièvre, toux, hypertension… Chaque jardin créole est un potentiel cabinet médical où poussent l’Ayapana, le Ti Baume ou le Kaloupilé.

Loin d’être marginalisé, ce savoir a gagné une reconnaissance officielle. Grâce aux efforts de structures comme l’APLAMEDOM (Association pour les plantes aromatiques et médicinales de la Réunion), ces connaissances empiriques sont étudiées et validées scientifiquement. Preuve de cette reconnaissance, 22 plantes de la pharmacopée traditionnelle réunionnaise ont été inscrites à la pharmacopée française entre 2012 et 2016, un pont remarquable entre tradition et science moderne.

Étude de cas : Le renouveau des tisaneurs face à l’épidémie de chikungunya

L’épidémie de chikungunya qui a frappé l’île en 2006 a été un tournant. Face à une médecine conventionnelle parfois démunie, de nombreux Réunionnais se sont tournés vers les tisaneurs. Un praticien comme Franswa Tibère, planteur dans les Hauts, a vu son remède traditionnel connaître un succès retentissant. Ce phénomène a poussé des médecins à collaborer avec lui, cherchant à comprendre et valider scientifiquement l’efficacité de ces savoirs. Cet épisode a spectaculairement revalorisé le rôle des Gramounes-soignants, démontrant que leur savoir est une ressource de santé publique, complémentaire et non opposée à la médecine moderne.

Les Gramounes ne sont donc pas seulement des détenteurs d’un savoir botanique ; ils sont souvent les premiers recours pour la santé de la famille, des praticiens de première ligne dont la légitimité repose sur des décennies d’expérience et de résultats observés.

Vouvoiement ou « Momon » : comment s’adresser à une personne âgée avec respect ?

Le respect envers les Gramounes à La Réunion est un véritable langage, un « écosystème de respect » qui va bien au-delà de la simple politesse. Il se manifeste par des codes précis, aussi bien verbaux que comportementaux. S’adresser à une personne âgée n’est pas anodin et le choix des mots reflète la nature de la relation et la position de chacun. Le vouvoiement créole, qui utilise le pronom « ou », est la marque de respect par défaut envers un aîné que l’on connaît peu.

Cependant, à mesure que la proximité s’installe, des termes plus affectueux comme « Momon » (pour une femme) ou « Tonton » (pour un homme) peuvent être utilisés. Attention, il ne s’agit pas d’un usage automatique. On ne les emploie qu’après y avoir été implicitement ou explicitement invité. C’est le Gramoune qui, en vous considérant comme un proche, vous autorise à entrer dans son cercle intime. L’utilisation de « Madame » ou « Monsieur » suivi du nom de famille reste la norme dans un contexte formel ou lors d’une première rencontre, marquant une distance respectueuse.

Mais les mots ne sont qu’une partie de ce langage. Comme le souligne Josie Virin, conteuse et présidente de l’association Kozé Konté, le respect est avant tout une question d’actes :

Dans notre culture, le respect des anciens passe aussi par des gestes simples : proposer de porter un sac, offrir un verre d’eau. Ces marques de ‘servis’ (entraide) sont aussi importantes que les mots utilisés. C’est ce que nous transmettons aux enfants à travers nos contes.

– Josie Virin, Imaz Press Réunion

Ce concept de « servis » est fondamental. Il s’agit de l’entraide spontanée, de l’anticipation des besoins de l’autre. Un jeune qui cède sa place, qui aide à traverser la rue ou qui offre un service sans qu’on le lui demande, accomplit un acte de respect bien plus puissant qu’un simple « bonjour ». C’est par ces gestes du quotidien que la transmission des valeurs s’opère de la manière la plus concrète.

L’ilet solitaire : comment vivent les derniers anciens isolés dans Mafate ?

Le cirque de Mafate, accessible uniquement à pied ou en hélicoptère, est un lieu à part, un sanctuaire où le temps semble s’écouler différemment. C’est ici que vivent les derniers « Gramounes solitaires », des figures emblématiques d’un mode de vie enraciné dans l’autosuffisance et un attachement viscéral à la terre. Pour ces anciens, rester sur leur « ilet » (petit plateau ou hameau) n’est pas un signe d’isolement subi, mais un choix de vie philosophique et une affirmation de leur liberté.

Leur quotidien est rythmé par la nature : le soin du jardin, l’élevage de quelques animaux, l’entretien de la case. Ils incarnent une forme de résilience ultime, démontrant qu’il est possible de vivre dignement avec peu, loin de la société de consommation. Cette connexion profonde à la « tèr zancèt » (la terre des ancêtres) est plus qu’une simple propriété ; c’est un héritage spirituel. Comme le dit si bien Franswa Tibère, tisaneur des Hauts :

C’est notre patrimoine, notre tradition, notre mémoire ! L’attachement à la terre des ancêtres (‘la tèr zancèt’) représente une forme d’autosuffisance et une liberté refusant le mode de vie consumériste.

– Franswa Tibère, Plantes & Santé

Cette philosophie explique pourquoi, malgré les difficultés et l’isolement physique, beaucoup refusent de « descendre » dans les villes. Quitter leur terre serait un déracinement, un renoncement à leur identité et à leur indépendance. Ils sont les gardiens non seulement d’un lieu, mais d’un mode de vie qui interroge notre modernité.

Ancien habitant de Mafate devant sa case traditionnelle avec vue sur les montagnes

Leur présence à Mafate n’est pas anecdotique. Elle représente un pôle de résistance culturelle. Ces Gramounes, par leur simple existence, rappellent à tous les Réunionnais la valeur de la simplicité, de la connaissance de son environnement et de la force du lien qui unit un peuple à sa terre. Ils sont la preuve vivante que la richesse ne se mesure pas seulement en biens matériels, mais aussi en autonomie et en dignité.

Tisaneur ou « zerbaz » : comment la flore locale soigne les Réunionnais depuis toujours ?

Le savoir des tisaneurs réunionnais s’appuie sur un trésor naturel d’une richesse inouïe. L’île est un véritable « hotspot » de biodiversité, un laboratoire à ciel ouvert. Les données sur le patrimoine végétal réunionnais sont éloquentes : on y trouve plus de 1700 espèces végétales, dont près de 234 sont endémiques, c’est-à-dire qu’elles ne poussent nulle part ailleurs dans le monde. Parmi elles, environ 200 plantes sont reconnues pour leurs vertus médicinales. Cette pharmacopée naturelle, appelée « zerbaz » en créole, est la matière première du savoir des Gramounes.

Ce savoir empirique, transmis oralement, est d’une précision remarquable. Les tisaneurs connaissent non seulement quelle plante utiliser pour quel mal, mais aussi quelle partie de la plante (feuille, racine, fleur), à quel moment la cueillir, et comment la préparer (en infusion, décoction, cataplasme…). C’est une science complexe qui demande des années d’observation et de pratique. La confiance accordée aux Gramounes-soignants repose sur cette expertise accumulée, validée par des générations de familles soignées avec succès.

Au-delà de l’usage domestique, ce patrimoine végétal représente un potentiel économique et scientifique considérable, créant un pont entre savoir traditionnel et innovation moderne.

Étude de cas : La valorisation économique des plantes endémiques

Le géranium rosa, célèbre pour son huile essentielle, illustre à la fois le potentiel et les défis de cette filière. Autrefois fleuron de l’économie locale avec 160 tonnes produites annuellement, sa distillation est tombée à une tonne aujourd’hui malgré une forte demande mondiale. Face à ce constat, des entreprises locales comme Makesenz ou Cilaos Cosmetics s’efforcent de relancer ces cultures. En développant des gammes de produits cosmétiques et parapharmaceutiques basées sur des plantes endémiques, elles ne créent pas seulement de la valeur économique ; elles légitiment et pérennisent les savoirs traditionnels en leur offrant de nouveaux débouchés.

Ainsi, la connaissance des « zerbaz » par les Gramounes n’est pas un simple folklore. C’est une ressource stratégique pour La Réunion, à la croisée de la santé publique, de la préservation de la biodiversité et du développement économique durable.

Kosa i lé ? : 5 expressions créoles indispensables pour briser la glace

Pour le visiteur désireux de dépasser la barrière touristique et d’entrer en contact authentique avec les Réunionnais, et notamment les Gramounes, maîtriser quelques bases de créole est un geste de respect et d’ouverture très apprécié. Le créole réunionnais est une langue vivante, imagée et chantante, parlée au quotidien par une large partie de la population. Une étude de l’INSEE sur les pratiques linguistiques a révélé que 53% des adultes réunionnais parlent uniquement créole dans leur vie de tous les jours. Essayer de parler la langue, même maladroitement, est la meilleure façon de montrer son intérêt pour la culture locale.

Prononcer quelques mots de créole peut transformer une interaction formelle en un échange chaleureux. Cela montre que vous ne voyez pas l’île comme un simple décor de carte postale, mais comme une terre habitée par une culture riche et singulière. C’est une clé qui ouvre les portes et les cœurs, particulièrement ceux des aînés, souvent plus à l’aise dans leur langue maternelle.

Voici quelques expressions de base pour initier le contact avec bienveillance :

  • Kosa i lé ? – C’est la salutation la plus courante, l’équivalent de « Comment ça va ? ». La réponse typique est un joyeux « Lé la ! », qui signifie « Ça va ! » (littéralement, « Je suis là ! »).
  • Oté ! – Une interpellation amicale et très locale pour attirer l’attention de quelqu’un. À utiliser avec un sourire pour un effet garanti.
  • Mi kass la poze – « Je fais une pause » ou « Je me repose ». Une phrase simple pour partager un moment de tranquillité.
  • Sa lé dou – Littéralement « C’est doux », cette expression s’utilise pour dire que quelque chose est bon, agréable ou plaisant (un plat, une musique, un moment).
  • Anlèr, anlèr ! – Expression d’enthousiasme qui signifie « Super ! », « Génial ! ». Parfait pour réagir positivement à une bonne nouvelle ou à quelque chose que vous appréciez.

N’ayez pas peur de faire des erreurs. L’effort sera toujours plus apprécié que le silence. Ces quelques mots sont un premier pas pour construire un pont et montrer que vous êtes là pour écouter et partager, pas seulement pour consommer.

À retenir

  • Les Gramounes ne sont pas des figures passives, mais des piliers actifs qui structurent la société réunionnaise (famille, santé, culture).
  • Leur savoir (contes, plantes) est opérationnel et reconnu, y compris par les institutions scientifiques et culturelles, et non un simple folklore.
  • Le respect intergénérationnel à La Réunion est un système complexe de codes verbaux (« Momon ») et comportementaux (« servis »), fondé sur l’entraide et l’utilité mutuelle.

Comment éviter la bulle « Zoreil » et vivre une vraie immersion créole ?

Pour le visiteur ou le nouveau résident (« Zoreil » en créole), il est facile de rester dans une « bulle » touristique, passant à côté de l’authenticité de la vie réunionnaise. Vivre une véritable immersion, c’est aller à la rencontre des gens, et en particulier des Gramounes, qui sont souvent les plus accessibles et les plus heureux de partager leur culture. Pour cela, il faut sortir des sentiers battus et adopter une posture d’humilité et de curiosité.

L’une des meilleures portes d’entrée est de participer aux événements culturels locaux qui mettent à l’honneur la tradition orale et musicale. Ces moments sont des occasions privilégiées de voir la culture créole en action, et non mise en scène pour les touristes.

Votre plan d’action pour une immersion authentique

  1. Privilégier les tables d’hôtes et les marchés : Évitez les restaurants de plage et préférez les tables du réseau « Bienvenue à la ferme ». Faites vos courses au grand marché forain de Saint-Paul ou de Saint-Pierre pour vous mêler à la population.
  2. Utiliser les transports locaux : Laissez la voiture de location et empruntez le réseau de bus « Car Jaune ». C’est un excellent moyen d’observer la vie quotidienne et d’engager la conversation.
  3. Participer aux rituels sociaux : Le pique-nique dominical est une institution. Se joindre respectueusement à l’ambiance familiale sur les plages de l’Ermitage ou de Grand Anse est une expérience en soi.
  4. Assister aux fêtes culturelles : Recherchez un « kabar » (fête populaire avec musique maloya ou séga) ou, si vous êtes là en octobre/novembre, ne manquez pas la fête du Dipavali, célébrée avec ferveur par la communauté d’origine indienne.
  5. S’immerger dans la tradition orale : Participer à des événements comme le Bèlfèt Rakontaz Zistoir Kréol, un festival du conte créole, offre une plongée directe dans l’imaginaire et la langue réunionnaise.

Ces stratégies demandent un petit effort pour sortir de sa zone de confort, mais elles sont la clé pour transformer un simple voyage en une rencontre humaine inoubliable. L’immersion n’est pas une destination, c’est une démarche. C’est en montrant un intérêt sincère pour le mode de vie des Réunionnais que l’on reçoit en retour bien plus qu’un sourire : un partage.

Pour que votre expérience soit véritablement enrichissante, il est crucial de mettre en œuvre ces stratégies pour sortir de la simple observation touristique.

En fin de compte, approcher les Gramounes et la culture qu’ils incarnent est l’étape ultime pour tout voyageur en quête de sens. C’est en prenant le temps de s’asseoir, d’écouter et d’échanger que l’on découvre la véritable richesse de l’île de La Réunion.

Questions fréquentes sur le rôle des Gramounes

Quand utiliser ‘Momon’ ou ‘Tonton’ ?

Ces termes affectueux s’utilisent après y avoir été invité, signifiant une proximité et une affection acceptées par la personne âgée.

Dans quels contextes utiliser ‘Madame/Monsieur + nom de famille’ ?

Cette forme plus formelle convient lors d’une première rencontre ou dans un contexte officiel, avant qu’une relation plus proche ne s’établisse.

Qu’est-ce que le vouvoiement créole ?

Le vouvoiement créole utilise ‘ou’ comme marque de respect, particulièrement approprié quand on s’adresse à des Gramounes dans un contexte traditionnel.

Rédigé par Marie-Thérèse Grondin, Historienne du patrimoine réunionnais et chroniqueuse culinaire, gardienne des traditions "lontan" et du savoir-faire créole. Elle possède 20 ans d'expérience dans la valorisation du terroir et l'animation d'ateliers culturels pour la transmission des savoirs ancestraux.