
Le GR R2, surnommé la « Traversée de l’île de La Réunion », représente l’un des défis les plus exigeants de la randonnée française. Cette diagonale des fous traverse l’île du nord au sud sur 143 kilomètres, offrant aux randonneurs aguerris une immersion totale dans les paysages grandioses des cirques de Mafate, Cilaos et Salazie. Avec ses 9 100 mètres de dénivelé positif cumulé, ce sentier mythique nécessite une préparation minutieuse tant sur le plan physique que logistique. L’île intense dévoile ses secrets les plus précieux à ceux qui osent se lancer dans cette aventure extraordinaire, mais la réussite de cette traversée dépend entièrement de la qualité de votre préparation.
Planification de l’itinéraire GR R2 : analyse technique des étapes du piton des neiges au piton de la fournaise
La planification rigoureuse constitue le fondement d’une traversée réussie sur le GR R2. Ce sentier de grande randonnée exige une approche méthodique pour appréhender ses défis techniques et ses particularités géographiques. L’itinéraire officiel s’étend sur 143 kilomètres depuis Saint-Denis jusqu’à Basse-Vallée, mais la réalité du terrain impose souvent des adaptations selon les conditions météorologiques et votre niveau de préparation physique.
Cartographie détaillée des 130 kilomètres de sentiers balisés
Le balisage rouge et blanc du GR R2 guide les randonneurs à travers une diversité de terrains exceptionnelle. Les cartes IGN 4402RT « Cirque de Salazie » et 4405RT « Piton de la Fournaise » constituent les références cartographiques indispensables pour cette traversée. Ces documents révèlent la complexité du relief réunionnais avec ses multiples remparts et ses réseaux de ravines profondes.
L’analyse détaillée de la cartographie révèle des secteurs critiques nécessitant une attention particulière. Entre la Roche Écrite et Dos d’Âne, le sentier serpente sur des crêtes exposées où l’orientation devient cruciale par temps de brouillard. Les passages dans Mafate présentent des dénivelés brutaux avec des descentes de plus de 800 mètres suivies immédiatement d’ascensions équivalentes.
Profil altimétrique et dénivelé cumulé de 9000 mètres positifs
Le profil altimétrique du GR R2 révèle une succession ininterrompue de montées et descentes vertigineuses. Les 9 100 mètres de dénivelé positif se répartissent de manière inégale, avec des étapes particulièrement exigeantes comme l’ascension vers la Caverne Dufour qui cumule 1 430 mètres de montée sur seulement 8 kilomètres.
L’étape la plus redoutée concerne la traversée de Mafate, où vous enchaînerez quotidiennement entre 1 000 et 1 500 mètres de dénivelé. Ces variations d’altitude constantes sollicitent intensément les muscles stabilisateurs et exigent une préparation cardiovasculaire spécifique. Le passage au Piton des Neiges culmine à 3 070 mètres, imposant une acclimatation progressive à l’altitude.
Points de passage obligatoires : cilaos, Hell-Bourg et Grand-Bas
Cilaos constitue un carrefour incontournable de la traversée : accessible par la spectaculaire route aux 400 virages, le village offre hébergements, commerces, possibilité de réapprovisionnement complet et accès direct au sentier du Bloc vers le Piton des Neiges. Hell-Bourg, côté Salazie, est souvent intégré via une variante par la Roche Écrite ou le gîte de Bélouve : ce détour rallonge l’itinéraire mais permet de découvrir un des plus beaux villages de France et d’alterner entre sentiers forestiers, belvédères et immersion culturelle. Enfin, Grand-Bassin ou Grand-Galet, selon la variante choisie dans le sud, marquent l’entrée dans le « sud sauvage » avec des descentes très raides vers les ravines et les cascades, avant de remonter vers la Plaine des Cafres ou de poursuivre jusqu’à Basse-Vallée.
Sur le plan logistique, ces points de passage obligatoires permettent de structurer votre découpage d’étapes sur le GR R2, notamment si vous visez une traversée en 8 à 10 jours. Ils concentrent gîtes, petites épiceries, parfois des ATM et des liaisons en bus ou taxi pour adapter l’itinéraire en cas de blessure ou de météo défavorable. Les intégrer à votre plan de route, c’est vous garantir des « sas de décompression » réguliers entre deux portions très isolées, en particulier après plusieurs jours dans Mafate ou sur les hauts plateaux exposés au vent.
Variantes techniques via le sentier de bélouve et la plaine des cafres
Le tracé officiel du GR R2 peut être modulé grâce à plusieurs variantes techniques qui changent sensiblement la physionomie de votre traversée de La Réunion. La plus connue est celle du sentier de Bélouve, qui permet de relier le secteur de Hell-Bourg au plateau de Bélouve, puis au gîte de la Plaine des Chicots et à la Roche Écrite. Ce choix allonge d’une journée votre itinérance, mais vous offre une plongée exceptionnelle dans la forêt primaire humide et des panoramas spectaculaires sur le Trou de Fer, au prix de sentiers souvent boueux et racinaires.
La seconde grande variante concerne la Plaine des Cafres, vaste plateau agricole entre Bourg-Murat et le massif du Piton de la Fournaise. En fonction des conditions au volcan (alerte éruptive, fermeture partielle de l’enclos), vous pourrez adapter votre itinéraire en empruntant des sentiers secondaires parallèles à la route forestière, ou au contraire en vous en rapprochant pour faciliter une évacuation en cas de météo dégradée. Cette zone, moins technique mais exposée au vent et aux changements rapides de temps, sert souvent de « jour tampon » pour récupérer après le Piton des Neiges ou avant l’ascension vers le gîte du volcan.
Enfin, de nombreux randonneurs choisissent d’intégrer les « hors-GR » emblématiques comme la montée à la Roche Écrite, l’ascension complète du Piton des Neiges depuis Cilaos ou celle du Piton de la Fournaise depuis le Pas de Bellecombe. Chaque variante ajoute entre 500 et 1 000 mètres de dénivelé positif et nécessite une gestion fine de la fatigue et des réserves d’eau. En pratique, mieux vaut prévoir une journée de marge dans votre planning global pour absorber ces ajouts sans transformer votre trek en épreuve de survie.
Équipement spécialisé pour la traversée diagonale de la réunion
Le GR R2 cumule toutes les difficultés possibles pour le matériel : humidité tropicale, pluies intenses, boue épaisse, roches volcaniques abrasives et nuits froides en altitude. Un équipement inadapté se paie cash au bout de quelques jours, que ce soit par des ampoules, des douleurs articulaires ou un sac trop lourd. L’objectif est de trouver le juste équilibre entre légèreté et sécurité, en gardant à l’esprit que vous devrez porter l’ensemble de votre équipement sur plus de 130 kilomètres.
Plutôt que de multiplier les gadgets, concentrez-vous sur quatre piliers : des chaussures de randonnée fiables, un système de portage optimisé, un matériel de navigation robuste et une protection efficace contre les intempéries et le rayonnement UV. Chaque gramme compte, mais chaque compromis doit être réfléchi : renoncer à une couche chaude ou à une vraie veste imperméable sous prétexte de légèreté peut devenir problématique au-dessus de 2 000 mètres dans le vent humide des crêtes réunionnaises.
Chaussures de randonnée adaptées aux terrains volcaniques et tropicaux
Les chaussures sont l’élément clé de votre réussite sur le GR R2. Le terrain alterne entre marches en béton, sentiers en terre détrempée, racines glissantes, dalles volcaniques coupantes et coulées de scories autour du Piton de la Fournaise. Une simple paire de baskets urbaines ne suffira pas : privilégiez soit des chaussures de randonnée tige mid ou haute, soit des chaussures de trail robustes avec bonne protection des orteils et semelle agressive.
Une semelle avec un bon cramponnage (type Vibram ou équivalent) est indispensable pour accrocher dans la boue des cirques et sur les pentes humides. Pensez aussi à la rigidité de la semelle : trop souple, elle fatigue la voûte plantaire dans les longues descentes ; trop rigide, elle devient inconfortable sur les longues traversées roulantes. L’idéal est de tester vos chaussures en amont sur plusieurs sorties de 20 kilomètres avec dénivelé, sac sur le dos, pour repérer les points de frottement et ajuster chaussettes et laçage.
Enfin, prévoyez des chaussettes techniques respirantes (laine mérinos ou mélange synthétique) et au moins une paire de rechange. Dans un climat tropical, garder les pieds au sec est illusoire, mais limiter le temps passé dans des chaussettes détrempées réduit nettement le risque d’ampoules et de macération. Une paire de sandales légères ou de tongs peut aussi être utile pour reposer les pieds le soir en gîte ou au bivouac.
Système de portage pour bivouac en altitude : sac de couchage et tente 3 saisons
Si vous optez pour le bivouac sur le GR R2, le choix du sac à dos, de la tente et du sac de couchage devient stratégique. Le but est de rester en dessous de 12–14 kg, eau et nourriture comprises, tout en conservant un confort minimal pour récupérer après des étapes de 1 000 à 1 500 mètres de dénivelé. Un sac de 40 à 50 litres bien ajusté suffit généralement, à condition d’adopter une approche minimaliste : peu de vêtements, mais bien choisis, et aucun doublon superflu.
En altitude, les nuits peuvent descendre proche de 0 °C au niveau du Piton des Neiges ou du volcan, même en saison sèche. Un sac de couchage avec une température de confort autour de 0 à +5 °C est recommandé, surtout si vous avez tendance à être frileux. Une tente 3 saisons autoportante, bien arrimée, offre une bonne protection contre le vent et les averses tropicales soudaines ; si vous bivouaquez près des gîtes, un abri plus léger type tarp peut suffire, à condition de maîtriser son montage.
La clé d’un bon système de portage tient aussi à l’organisation interne : objets lourds près du dos, centre de gravité légèrement au-dessus des hanches, éléments fréquemment utilisés (veste de pluie, carte, encas) facilement accessibles sans tout déballer. Pensez enfin à protéger le contenu du sac avec un liner étanche ou des sacs de compression, car une seule journée de pluie soutenue peut transformer un sac mal protégé en éponge difficile à gérer.
Matériel de navigation : GPS garmin et cartes IGN 4402RT et 4405RT
Le balisage rouge et blanc du GR R2 est globalement fiable, mais il ne dispense pas d’un matériel de navigation complet, surtout en cas de brouillard dense sur les crêtes ou de sentiers temporairement déviés après un éboulement. Une montre GPS ou un GPS de randonnée (type Garmin) avec la trace du GR R2 chargée en amont constitue une sécurité précieuse, notamment dans les secteurs peu roulants de Mafate ou au-dessus de la Plaine des Sables. Veillez à partir avec les cartes hors-ligne téléchargées sur votre smartphone si vous utilisez une application de navigation.
Les cartes IGN 4402RT « Cirque de Salazie » et 4405RT « Piton de la Fournaise » restent cependant la référence pour visualiser le relief, les variantes et les itinéraires de repli. Elles permettent d’anticiper les gros dénivelés et de repérer points d’eau, gîtes et intersections avec d’autres sentiers (GR R1, GR R3, sentier du Bélouve…). En pratique, combiner GPS et carte papier vous offre le meilleur des deux mondes : précision instantanée et vision globale du massif.
Côté énergie, prévoyez une batterie externe de bonne capacité (10 000 à 20 000 mAh) pour alimenter GPS, smartphone et lampe frontale sur plusieurs jours, surtout si vous bivouaquez. Les gîtes ne disposent pas toujours de nombreuses prises disponibles, et certaines zones (Caverne Dufour, gîte du volcan) peuvent avoir un accès limité à l’électricité ou fonctionner sur panneaux solaires.
Protection contre les intempéries tropicales et UV en haute altitude
Sur le GR R2, vous pouvez passer en quelques heures d’une chaleur humide en fond de ravine à un vent glacial sur les crêtes du Piton des Neiges. La protection contre la pluie et les UV n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Une vraie veste imperméable-respirante (membrane type 2,5 ou 3 couches) avec capuche enveloppante sera bien plus efficace qu’un simple coupe-vent. Ajoutez un surpantalon léger et compact si vous savez que vous êtes sensible au froid ou que vous partez en intersaison.
La crème solaire indice 50, une casquette ou un chapeau à large bord et des lunettes de soleil de catégorie 3 sont essentiels, en particulier sur les portions dégagées comme la Plaine des Sables ou le sommet du Piton des Neiges. L’analogie est simple : marcher plusieurs heures à plus de 2 000 mètres sans protection, c’est comme rester sur une plage tropicale sans ombre, mais en oubliant que le vent rend les coups de soleil traîtres. Pensez à renouveler l’application de crème plusieurs fois par jour.
Enfin, n’oubliez pas la protection thermique : une polaire légère ou une doudoune synthétique, un bonnet et une paire de gants fins peuvent faire la différence lors d’un lever de soleil au sommet ou d’une arrivée tardive au gîte sous le vent. Sur un trek de plusieurs jours, ce sont souvent ces petits détails de confort thermique qui conditionnent la qualité du sommeil et donc votre capacité à enchaîner les étapes.
Conditionnement physique spécifique aux cirques et hauts plateaux réunionnais
Se lancer sur le GR R2 sans préparation physique adaptée revient un peu à vouloir grimper le Piton des Neiges sans jamais avoir monté plus de 500 mètres de dénivelé : la réalité rattrape très vite les bonnes intentions. Les cirques de Mafate, Cilaos et Salazie imposent des montées et descentes extrêmement fréquentes, avec parfois plus de 1 500 mètres de dénivelé positif dans la journée. Le terrain est souvent irrégulier, glissant, et sollicite fortement les quadriceps, les mollets, mais aussi les muscles stabilisateurs autour des chevilles et des genoux.
Idéalement, commencez votre préparation 8 à 12 semaines avant le départ avec deux à trois séances hebdomadaires de randonnée ou de course en côte. Cherchez des itinéraires avec au moins 600 à 800 mètres de dénivelé positif, et habituez-vous progressivement à marcher avec un sac chargé entre 8 et 12 kg. L’objectif n’est pas la performance chronométrique, mais la capacité à enchaîner des efforts modérés plusieurs jours de suite sans blessure.
Un travail de renforcement musculaire ciblé complète utilement ce socle d’endurance. Squats, fentes, gainage, montées de marches avec charge légère : quelques séries régulières à la maison suffisent à améliorer la stabilité articulaire et à réduire le risque d’entorses ou de douleurs de genou dans les longues descentes vers les villages comme Grand-Place ou Basse-Vallée. Pensez aussi à intégrer des exercices de proprioception (équilibre sur une jambe, coussins instables) pour préparer vos chevilles aux irrégularités du terrain.
Enfin, n’oubliez pas le facteur récupération : sommeil suffisant, hydratation régulière, étirements légers après les séances longues. En trek, la fatigue s’accumule jour après jour ; une bonne préparation, c’est aussi apprendre à écouter ses signaux de fatigue et à adapter son allure. Mieux vaut allonger légèrement la durée totale de la traversée que de risquer d’abandonner au milieu de Mafate pour cause de tendinite évitable.
Logistique de ravitaillement entre les gîtes de montagne de cilaos et salazie
La gestion du ravitaillement sur le GR R2 est plus subtile qu’il n’y paraît. Si l’on trouve des gîtes et des tables d’hôtes à intervalles réguliers, les épiceries et points de vente sont rares et parfois très limités en choix. Entre Cilaos, Salazie et les îlets de Mafate, il faut composer avec des approvisionnements acheminés à pied ou par hélicoptère, ce qui explique des prix plus élevés et des stocks variables selon la saison et les conditions météo.
En pratique, vous pouvez compter sur les gîtes pour les dîners et petits-déjeuners (formule demi-pension autour de 35–45 €), mais il est prudent de transporter en permanence l’équivalent d’au moins deux repas de secours : barres énergétiques, fruits secs, semoule, purées déshydratées. Les petits snacks achetés dans les épiceries de Cilaos, Marla, Aurère ou Grand-Place complètent le tout, mais ne doivent pas être votre seule source de calories.
La question de l’eau est tout aussi cruciale. Dans les hauts, les sources sont parfois rares et certaines ne sont pas garanties potables sans traitement. Sur chaque étape, prévoyez au départ 1,5 à 2 litres d’eau minimum, voire 3 litres lors des longues sections exposées (Plaine des Cafres, volcan) ou en période chaude. Un filtre léger ou des pastilles de purification permettent d’exploiter les points d’eau rencontrés en chemin, notamment dans les ravines et près des gîtes.
Pour optimiser votre logistique, anticipez vos réservations de gîte et vérifiez, autant que possible, s’ils proposent des paniers-repas (pique-niques) pour le midi. Même si tout n’est pas toujours parfait ni « gourmet », disposer d’un sandwich ou d’un repas simple déjà prêt évite de transporter trop de nourriture sèche. Côté budget, comptez en moyenne 40 à 50 € par jour pour l’hébergement et les repas si vous dormez en gîte, hors billet d’avion et transports locaux.
Gestion des risques météorologiques et géologiques du massif du piton des neiges
Traverser La Réunion par le GR R2, c’est accepter de randonner dans un milieu montagneux tropical vivant, où la météo et l’activité géologique dictent parfois la loi. Le massif du Piton des Neiges, bien que désormais éteint, reste soumis à des phénomènes d’érosion violente, à des glissements de terrain et à des crues soudaines dans les ravines. Le Piton de la Fournaise, lui, est l’un des volcans les plus actifs du monde, avec des éruptions fréquentes pouvant entraîner la fermeture temporaire de certains secteurs.
La première mesure de sécurité consiste à choisir la bonne période : de juin à octobre (hiver austral), les pluies sont moins fréquentes, la visibilité est meilleure et le risque cyclonique quasi nul. En revanche, les nuits peuvent être très froides en altitude. À l’inverse, de décembre à avril, les épisodes de pluies intenses, les orages violents et les cyclones tropicaux rendent certaines portions du GR R2 dangereuses, voire impraticables. Avant de partir, consultez systématiquement les bulletins de Météo-France Réunion et les informations du Parc National sur l’état des sentiers.
Sur le terrain, adoptez une stratégie prudente : départ matinal pour profiter des créneaux météo plus stables, renoncement si une ravine est en crue ou si un éboulement bloque le passage, adaptation des étapes en fonction des prévisions à 48–72 heures. Gardez en tête cette règle simple : dans les hauts, le brouillard et la pluie peuvent s’installer en moins d’une heure, transformant un sentier facile en piège glissant. Mieux vaut perdre une demi-journée que de s’exposer à une mauvaise chute sur un escalier ruisselant ou une arête détrempée.
Concernant l’activité volcanique, respectez scrupuleusement les consignes de la préfecture et de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise. En cas d’éruption, certains points de vue peuvent rester accessibles en sécurité, mais les accès à l’enclos peuvent être fermés du jour au lendemain. Ne tentez jamais de contourner une interdiction : les coulées de lave récentes, les fumées et les gaz ne sont pas seulement spectaculaires, ils peuvent être mortels. Votre itinéraire de repli doit être envisagé dès la phase de préparation, par exemple en prévoyant une variante de la Plaine des Cafres vers le sud sauvage sans passage par le Pas de Bellecombe.
Réglementation du parc national de la réunion et autorisations de bivouac
Une grande partie du GR R2 traverse le Parc National de La Réunion, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses « pitons, cirques et remparts ». Cette reconnaissance internationale s’accompagne d’une réglementation stricte visant à protéger des écosystèmes uniques. En tant que randonneur, vous avez un rôle direct à jouer dans la préservation de ces milieux : respecter les règles, c’est garantir que le GR R2 restera praticable et sauvage pour les années à venir.
Le bivouac est généralement toléré entre 19 h et 7 h, à proximité immédiate des sentiers, à condition de ne laisser aucune trace de votre passage. En revanche, le camping installé plusieurs jours au même endroit, les feux en pleine nature et le bivouac dans certaines zones sensibles (notamment autour du Piton de la Fournaise en période de vigilance) sont interdits. Renseignez-vous auprès du Parc National ou des offices de tourisme locaux pour connaître les éventuelles restrictions temporaires avant votre départ.
Dans Mafate, territoire sans route et très fragile, il est fortement recommandé de privilégier les gîtes officiels et les aires de bivouac aménagées. Cela permet de limiter la pression sur les sols, les ressources en eau et la végétation. Même réflexe autour des sites emblématiques comme le Trou de Fer, la Roche Écrite ou le Pas de Bellecombe : rester sur les sentiers balisés et ne pas créer de traces parallèles est un geste simple mais essentiel pour éviter l’érosion accélérée des pentes.
Enfin, gardez à l’esprit que la collecte de plantes, de pierres volcaniques ou la perturbation de la faune sont proscrites. La meilleure « empreinte » que vous puissiez laisser sur le GR R2, c’est de n’en laisser aucune : emportez tous vos déchets, même biodégradables, utilisez un savon biodégradable avec parcimonie loin des cours d’eau, et limitez le bruit, surtout en soirée, pour respecter la quiétude des îlets. C’est à ce prix que la grande traversée de La Réunion restera une expérience intense, mais durable, pour tous ceux qui viendront après vous.